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[F]Et dessus les riues du Rhin
Tu las fait encores entendre.
France va plus auant encore,
France va butiner le More,
Et semer ton lis blanchissant.
Dedans le milieu de la Grece,
Et monstre qu’il n'ya CROISSANT
Que ta force & vertu n'abbaisse.
Pour vne si saincte querelle
Tu rendras ta gloire immortelle,
Et rapporteras sur ton front
Toutes les victoires grauées,
Que tes braues enfans auront
Tant heureusement acheueès.
Non, non, ilne faut pas qu’ils craignent,
Soit que les fleches les attaignent,
Ou bien que par vn coup donné
Leurs os & leur chair soit meurtrie,
De quelque plomb empoisonné,
Qu'ils perdent le los ny la vie.
En si beau lieu son sang respandre
N'est rien plus qu'immortel se rendre.
Et quand la mort les assaudroit,
Par quelque playe fort extréme,
Ie leur appren comme il faudroit
Bien tost se guairir de soy-mesme.
Mais au contratre, poure France,
Le coup que ta propre main lance
Contre toy-mesme, est si mortel,
Que rien n'y seruira mon liure:
Ains, faut qu'vn Alcide immortel.[/F]
D'vn